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19/06/2026 à 14 h 04Un article d’opinion de Shirell James, Vice-Président de l’Advisory Supply Chain, Blue Yonder
La proposition de l’UE de promouvoir l’approvisionnement auprès de plusieurs fournisseurs souligne un changement important : les chaînes d’approvisionnement ne sont plus seulement un sujet logistique de back-office, mais des actifs stratégiques dont la résilience est essentielle pour la continuité des affaires et la stabilité économique. Les mesures visant à encourager la diversification des fournisseurs peuvent constituer un outil utile pour renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et contribuer à atténuer le risque de perturbations tout en réduisant la potentielle instrumentalisation du commerce. De telles mesures sont les plus efficaces lorsqu’elles sont mises en œuvre dans le cadre d’une approche globale axée sur l’agilité.
La résilience des chaînes d’approvisionnement découle de la transparence, de la mesurabilité et de la préparation opérationnelle tout au long de la chaîne de valeur. Pour renforcer cela, les entreprises devraient cartographier en continu leurs réseaux de fournisseurs, y compris les fournisseurs en amont et les sources de matières premières, identifier les points de risque élevé et quantifier les impacts financiers et liés aux services des perturbations potentielles. Cela permet aux entreprises de définir des objectifs de rétablissement réalistes dans le temps pour les articles critiques, de prioriser les mesures d’atténuation des risques qui apportent des avantages mesurables et de décider des changements dans les domaines des stocks, de l’approvisionnement ou de la logistique sur la base d’un business case clair.
Parmi les mesures pratiques qui favorisent une résilience durable, on trouve une transparence continue le long de la chaîne d’approvisionnement, des tests de stress basés sur des scénarios, une gouvernance claire et interfonctionnelle, ainsi que des investissements dans des solutions d’aide à la décision qui mettent en évidence les risques presque en temps réel. Des stratégies opérationnelles telles que le multi-sourcing, le placement stratégique des stocks, le nearshoring et l’utilisation de matériaux alternatifs sont toutes des mesures sensées, mais leur utilité dépend de leur capacité à réduire significativement le risque par rapport aux coûts.
De nombreux risques systémiques se situent au-delà du niveau supérieur : en effet, plusieurs fournisseurs désignés peuvent également utiliser les mêmes sources de matières premières, sites de transformation ou goulets d’étranglement logistiques. Le contrôle de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement en graphite et en matériaux de batterie illustre ce défi. Les contrôles à l’exportation de Pékin sur le graphite naturel en flocons, le graphite sphérique synthétique et les matériaux d’anode essentiels montrent comment plusieurs fournisseurs peuvent continuer à dépendre de la même source en amont. Une diversification en amont de la chaîne d’approvisionnement ne supprime pas le risque de concentration en aval.
Il est essentiel de reconnaître et d’aborder ces dépendances en amont. Tout aussi important est la capacité à agir rapidement en cas de perturbations, car une détection et une résolution rapides peuvent réduire considérablement les pertes. Les acteurs publics et privés doivent tous deux contribuer à cet effort. Une meilleure transparence du marché, un échange de données intersectoriel et un soutien gouvernemental ciblé pour les intrants critiques peuvent compléter les efforts des entreprises et permettre une gestion des risques plus efficace à grande échelle.
Cela pourrait inclure des mesures telles que la réduction des temps de réponse dans la chaîne d’approvisionnement – une approche déjà établie dans l’industrie pharmaceutique, où la continuité de l’approvisionnement est assurée par une planification d’urgence structurée et des protocoles d’escalade rapides. Cela pourrait également impliquer l’évaluation des impacts financiers de certains événements de risque ainsi que le développement de manuels de crise éprouvés qui impliquent toutes les parties prenantes le long de la chaîne d’approvisionnement.
En résumé : la diversification des fournisseurs est un pas positif, mais elle devrait faire partie d’un cadre de gestion des risques holistique et basé sur les données, où la transparence, la mesurabilité, la prévention et la réactivité rapide sont au premier plan. Ces capacités – et non une règle unique – rendent réellement les chaînes d’approvisionnement résilientes et devraient rester l’objectif prioritaire pour les entreprises souhaitant construire une résilience à long terme.





